Je ne suis pas un expert du deuil et je suis incapable de vous dire comment on s'y prend pour ne plus ressentir de la tristesse, de la douleur, ou de la peine…
Je peux juste vous exprimer que le décès d'un être cher, qu'on a aimé, est toujours quelque chose d'extrêmement douloureux. Douloureux intérieurement, comme si une part de soi s'en allait avec la personne. Une sorte de vide intérieur…les pensées qui vont fouiller dans le passé tous les moments, agréables ou non, qu'on a passés avec la personne décédée. Les moments non vécus de ce futur, désormais impossibles à réaliser. Cette douleur intérieure lancinante qui déclenche larmes, désespoir, dégoût de la vie parfois…et pourtant, la vie est toujours là, intimement liée avec la mort !
Faire son deuil. Combien de fois ai-je entendu cette expression ! As-tu fait ton deuil ? Oh elle n'a pas fait son deuil ! Je prends un ton sarcastique parce que pour moi ce n'est pas tenir compte de là où chaque personne se trouve dans son mouvement intérieur. Y aurait-il une recette ? Non, il n'en existe pas.
Face à la mort, nous sommes tous très différents. Je ne crois pas que nous traversions quoi que ce soit, quand la mort frappe un de nos êtres aimés. Nous vivons avec cette douleur. Au début, elle est très vive. A d'autres moments, elle revient nous frapper violement. Et ces vagues, gigantesques au début, parce qu'elles nous submergent, s'atténuent petit à petit, à notre propre rythme, avec l'intensité qui est la notre, pour faire ensuite place à de douces vaguelettes, pareilles à celles qu'on voit le soir au bord d'une plage, quand le vent s'est calmé et que le soleil se couche.
C'est dans ces moments là que nous avons le plus besoin d'une "aide extérieure". Parce que nous avons besoin d'être accueilli(e)s dans les coins les plus sombres de notre être. Parce que nous avons besoin de vivre le deuil, pas de le rejeter, de l'évacuer ou de le nier. Vivre notre peine, notre douleur, notre tristesse, nous permet vraiment de survivre. Cela nous permet d'être dans un mouvement. Traverser voudrait dire : aller d'un point à un autre. Traverser voudrait dire : pénétrer et ressortir de l'autre côté de quelque chose. Cela ne résonne pas en moi comme juste. Vivre avec le vide qu'a créé la disparition de l'autre en soi, me paraît plus juste. Mais cela n'engage que moi.